05.07.2008
[Luxuriances lunaires]
Nous marchons sous un ciel pourpre de nuit d’été,
Parmi la braise, la cendre et la chaleur moite,
En désirant mener nos âmes envoûtées
Vers un aride océan de quiétude et d’ouate.
Auréolées du pâle flamboiement sélène,
Nos ombres épousent lentement le silence
Et le vif tumulte des formes incertaines.
Nous nous perdons dans la plus pure incandescence.
20:25 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : poésie
25.06.2008
[Reprise des hostilités]
Les terres cendreuses s’étendent au lointain
Jusqu’à se confondre avec les cieux anthracite.
Le poète les parcourt sans être certain
Qu’un ultime éclat même fragile y palpite.
02:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
16.01.2008
[Le lion, la louve et le lynx]
Air, oxygène et lumière se raréfient
A mesure que se détachent de la nuit
Le fond de l’abîme et ce qui s’y épanouit
Avec cette frénésie qui nous terrifie.
L’obscurité dilue dans son encre absolue
Les imprécises formes en exil du monde,
Ces ombres qu’effleurent nos âmes vagabondes
Durant leur quête d’un providentiel salut.
L’angoisse afflue lorsque nous scrutons les tréfonds
De ces neuf cercles arpentés à contrecoeur.
Les ténèbres aux monstres ensommeillés font
De nos corps en lutte leur empire intérieur.
18:45 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie
06.01.2008
[A la nuit close]
La valse des astres sur la voûte céleste
Jette en cortège des primes ombres du soir
De douces litanies. La solitude infeste
Ces corps en perdition dans la matière noire.
L’obscurité se peuple d’imprécis murmures,
Les échos en efflorescence de nos rêves,
Que le firmament constelle de sa parure
Diamantine et que l’or sélène parachève.
A l’aurore, l’évanescente mélodie
Des étoiles, cette ivre aubade en compagnie
De laquelle nous nous dérobons à nos songes,
Est au feu du crépuscule un divin éloge.
17:40 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
04.01.2008
[Pour un manifeste noir]
C’est le poète, cette multiplicité broyée et enflammée qu’Artaud identifiait à la lisière de sa conscience. Les poèmes n’en sont que les lambeaux ignés, les plus monstrueux scories, les plus douloureux. Ils ne sont pas vraiment une élévation de leur auteur – celle-ci ne peut être qu’illusoire –, mais plutôt son basculement vers le bas, emporté dans ses entrailles par une downward spiral, là où toute la chair bouillonne en une multiplicité étirée à l’infini. Une poésie de l’abîme, une poésie de la chute.

Nocturnes, les veines brûlées de l’intérieur,
Je m’avance peu à peu vers cette lueur
Fragile qui enlumine mon horizon.
21:25 Publié dans Exercices négatifs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie, Artaud, Nine Inch Nails
31.12.2007
[Compression de mort éructée]

Sourdrant à présent le visage mis à nu,
L’horreur imprègne de ses miasmes indicibles
L’oxygène en valse incessante sous les nues.
Sublimant sa prolifération virulente,
Le ciel absorbe la couleur sanguinolente
Qui magnétise à fond caméras et regards
Et gonfle les artères d’un brûlant curare.
La pluie de larmes noires moire les parures,
Transperce de douleur les chairs à découvert.
Les corps exhibent les fascinantes blessures
Que sculpte âprement la teinte pétrolifère.
13:15 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, Bilal
26.12.2007
[Mauvaise touche]
Manne infecte que versent de mornes nuages
En dénuant l’empyrée de toute clarté,
Une neige sale assombrit le paysage
Sans parvenir à enfouir nos atrocités.
Nous foulons notre propre empire de poussière
Et y laissons s’y dissoudre notre matière,
Notre propre chair, notre âme, nos voeux et rêves,
Evidés de leur sang et de toute leur sève.
20:45 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
18.12.2007
[Rubaïyat]
Mon départ rendra-t-il leur majesté plus grande ?
Je n’ai jamais appris de personne pourquoi
Je suis venu, pourquoi je dois quitter ce monde.
Omar Khayyâm, Quatrains
Les roses et le pré réjouissent la terre.
Profite de l’instant : le temps n’est que poussière.
Bois du vin et cueille des roses, échanson,
Car déjà, sous tes yeux, roses et pré s’altèrent.
*
Mon amour – qui me rend, à en mourir, malade –
Est lui-même tombé malade, à en mourir.
Comment puis-je espérer arriver à guérir,
Quand c’est mon médecin qui est tombé malade ?
*
Le Ciel ne fait fleurir la rose que par feinte :
Pour la mieux effeuiller et noyer dans le sol.
Donc, le nuage, qui aspire son empreinte,
Fera pleuvoir le sang de nos amours défuntes.
*
Mon ivresse exagère et mon chagrin s’épanche.
Je suis heureux, vois-tu, malgré ma tête blanche,
En regardant ton grain de beauté. Ta fraîcheur
Appelle ma vieillesse au printemps de mon cœur.
*
Ce monde déclinant me paraît un désert.
C’est donc l’ivresse et le déclin que je préfère.
*
Chaque jour, la rosée imprègne la tulipe
Et la violette cède sous les gouttes d’eau.
Mais je dois avouer que, pour moi, rien ne vaut
La rose et ses pétales chastes qui palpitent.
*
Si je pouvais être le maître, comme Dieu,
Je saurais démonter le ciel au beau milieu.
Et je ferais alors, au milieu des étoiles,
Un autre ciel, où l’homme atteindrait tous ses voeux.
*
Venus purs du néant, nous en partons impurs.
Venus heureux, nous repartons pleins de misère.
L’eau des pleurs dans les yeux, au coeur un feu obscur,
Nous rendons l’âme à l’air et mourons dans la terre.
22:15 Publié dans Fragments étrangers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poésie, Khayyâm
14.10.2007
[Les nuées exterminatrices]
Un miroitement crépusculaire nimbe
D’orange les cendres et les chrysanthèmes
Où se dissimulent, constellés d’oedèmes,
Les corps sans organes parvenant aux limbes.
Lumière déchirée caressant les nues,
La chute létale d’anges ignés strie
Et empourpre les cieux anthracite. Nus,
Les séraphins hurlent dans l’aube meurtrie.
12:50 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poésie
11.10.2007
[Triangles & ribosomes]

Sous les marbrures étoilées du crépuscule.
Le ciel chargé des senteurs du soufre et du camphre
Altère même la plus infime veinule.
Exquises toxines perlant en permanence
Avec perversité, les formes sécrétées
Par une pensée surchargée de dissonances
Meurtrissent artères, nerfs et réalités.
D’atroces coupures naissent en excitant
L’embrasement fol et intense des paupières.
La matière charnelle s’effondre âprement
A fleur des chagrins tremblements moléculaires.
19:00 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie


