30.04.2007
[L'anarchisme est un libéralisme]
Le mot "transparence", phantasme éminemment récurrent des libéraux depuis leur venue au monde, prit l’allure d’une drôle de litanie lorsque Royal ne cessa d’en multiplier l’énonciation lors d’un passage blitzkrieg sur la première chaîne. Mais je ne suis pas sûr que cet additif féminin n’efface cette petite tension qu’il éveille en moi à chaque fois. La transparence, c’est l’information globalisée prenant l’allure d’un frivole mouvement de capitaux, en afflux et reflux perpétuels autour du monde, diluant la réalité et l’Histoire. L’événement devient liquide et se dissout sur la surface du globe avant même sa survenue. L’utopie socialiste n’aura finalement jamais été aussi proche de la perfection décrite avec ivresse par Fukuyama.

La campagne présidentielle dévoile toutes les petites conceptions paradoxales et schizoïdes des différents candidats, donc véritablement celles des lignées politiques dont ils sont chacun la monstrueuse progéniture. Les gauchistes ne cessent de relifter et customiser leurs lectures élaguées de l’oeuvre keynésienne, tandis que le libéralisme perverti de la droite pseudo-gaullienne sert de leurre pour dissimuler toute une série d’exactions cryptomonarchiques. Qu’importe l’issue des élections, l’autoreproduction de la médiocrité sera assurée.
22:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, libéralisme


