04.01.2008
[Pour un manifeste noir]
C’est le poète, cette multiplicité broyée et enflammée qu’Artaud identifiait à la lisière de sa conscience. Les poèmes n’en sont que les lambeaux ignés, les plus monstrueux scories, les plus douloureux. Ils ne sont pas vraiment une élévation de leur auteur – celle-ci ne peut être qu’illusoire –, mais plutôt son basculement vers le bas, emporté dans ses entrailles par une downward spiral, là où toute la chair bouillonne en une multiplicité étirée à l’infini. Une poésie de l’abîme, une poésie de la chute.

Nocturnes, les veines brûlées de l’intérieur,
Je m’avance peu à peu vers cette lueur
Fragile qui enlumine mon horizon.
21:25 Publié dans Exercices négatifs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie, Artaud, Nine Inch Nails


