04.01.2008

[Pour un manifeste noir]

       C’est le poète, cette multiplicité broyée et enflammée qu’Artaud identifiait à la lisière de sa conscience. Les poèmes n’en sont que les lambeaux ignés, les plus monstrueux scories, les plus douloureux. Ils ne sont pas vraiment une élévation de leur auteur – celle-ci ne peut être qu’illusoire –, mais plutôt son basculement vers le bas, emporté dans ses entrailles par une downward spiral, là où toute la chair bouillonne en une multiplicité étirée à l’infini. Une poésie de l’abîme, une poésie de la chute.

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       Les pensées déchues par d’amères oraisons
       Nocturnes, les veines brûlées de l’intérieur,
       Je m’avance peu à peu vers cette lueur
       Fragile qui enlumine mon horizon.