05.07.2008

[Luxuriances lunaires]

       Nous marchons sous un ciel pourpre de nuit d’été,
       Parmi la braise, la cendre et la chaleur moite,
       En désirant mener nos âmes envoûtées
       Vers un aride océan de quiétude et d’ouate.
 
       Auréolées du pâle flamboiement sélène,
       Nos ombres épousent lentement le silence
       Et le vif tumulte des formes incertaines.
       Nous nous perdons dans la plus pure incandescence.

16.01.2008

[Le lion, la louve et le lynx]

       Air, oxygène et lumière se raréfient
       A mesure que se détachent de la nuit
       Le fond de l’abîme et ce qui s’y épanouit
       Avec cette frénésie qui nous terrifie.
 
       L’obscurité dilue dans son encre absolue
       Les imprécises formes en exil du monde,
       Ces ombres qu’effleurent nos âmes vagabondes
       Durant leur quête d’un providentiel salut.
 
       L’angoisse afflue lorsque nous scrutons les tréfonds
       De ces neuf cercles arpentés à contrecoeur.
       Les ténèbres aux monstres ensommeillés font
       De nos corps en lutte leur empire intérieur.

06.01.2008

[A la nuit close]

       La valse des astres sur la voûte céleste
       Jette en cortège des primes ombres du soir
       De douces litanies. La solitude infeste
       Ces corps en perdition dans la matière noire.
 
       L’obscurité se peuple d’imprécis murmures,
       Les échos en efflorescence de nos rêves,
       Que le firmament constelle de sa parure
       Diamantine et que l’or sélène parachève.
 
       A l’aurore, l’évanescente mélodie
       Des étoiles, cette ivre aubade en compagnie
       De laquelle nous nous dérobons à nos songes,
       Est au feu du crépuscule un divin éloge.

31.12.2007

[Compression de mort éructée]

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       Démente effervescence en deçà du visible
       Sourdrant à présent le visage mis à nu,
       L’horreur imprègne de ses miasmes indicibles
       L’oxygène en valse incessante sous les nues.
 
       Sublimant sa prolifération virulente,
       Le ciel absorbe la couleur sanguinolente
       Qui magnétise à fond caméras et regards
       Et gonfle les artères d’un brûlant curare.
 
       La pluie de larmes noires moire les parures,
       Transperce de douleur les chairs à découvert.
       Les corps exhibent les fascinantes blessures
       Que sculpte âprement la teinte pétrolifère.

26.12.2007

[Mauvaise touche]

       Manne infecte que versent de mornes nuages
       En dénuant l’empyrée de toute clarté,
       Une neige sale assombrit le paysage
       Sans parvenir à enfouir nos atrocités.
 
       Nous foulons notre propre empire de poussière
       Et y laissons s’y dissoudre notre matière,
       Notre propre chair, notre âme, nos voeux et rêves,
       Evidés de leur sang et de toute leur sève.

14.10.2007

[Les nuées exterminatrices]

       Un miroitement crépusculaire nimbe
       D’orange les cendres et les chrysanthèmes
       Où se dissimulent, constellés d’oedèmes,
       Les corps sans organes parvenant aux limbes.
 
       Lumière déchirée caressant les nues,
       La chute létale d’anges ignés strie
       Et empourpre les cieux anthracite. Nus,
       Les séraphins hurlent dans l’aube meurtrie.

11.10.2007

[Triangles & ribosomes]

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       Les âmes diluent tortueusement leurs affres
       Sous les marbrures étoilées du crépuscule.
       Le ciel chargé des senteurs du soufre et du camphre
       Altère même la plus infime veinule.
 
       Exquises toxines perlant en permanence
       Avec perversité, les formes sécrétées
       Par une pensée surchargée de dissonances
       Meurtrissent artères, nerfs et réalités.
 
       D’atroces coupures naissent en excitant
       L’embrasement fol et intense des paupières.
       La matière charnelle s’effondre âprement
       A fleur des chagrins tremblements moléculaires.

28.06.2007

[Aube chorale]

       La nuit se dissout dans un brasier monochrome.
       Comme échappés d’une aquarelle dépressive,
       Les corps harassés reprennent vaguement forme
       Sous un ciel d’un rose aux teintes radioactives.

14.01.2007

[Faisceau las]

       Vive émanation d'un rubis métallisé,
       La lueur brun rouge examine l'imprécise
       Chair que les ténèbres saisissent et séduisent.
       L'être s'estompe chiffré et analysé.

10.12.2006

[Nostalgie lourde]

       Les corps déposés sur la rive d’asphalte
       Destins brisés, la chair meurtrie, bleu cobalt,
       Eclatent douloureusement dans nos crânes.
       Les souvenirs brûlent comme du méthane.

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