16.01.2008
[Le lion, la louve et le lynx]
Air, oxygène et lumière se raréfient
A mesure que se détachent de la nuit
Le fond de l’abîme et ce qui s’y épanouit
Avec cette frénésie qui nous terrifie.
L’obscurité dilue dans son encre absolue
Les imprécises formes en exil du monde,
Ces ombres qu’effleurent nos âmes vagabondes
Durant leur quête d’un providentiel salut.
L’angoisse afflue lorsque nous scrutons les tréfonds
De ces neuf cercles arpentés à contrecoeur.
Les ténèbres aux monstres ensommeillés font
De nos corps en lutte leur empire intérieur.
18:45 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie
14.01.2008
[To here knows when]
"To here knows when"
Loveless
1991
Creation Records/Sire Records
Kiss
Your fear
Your red button
Falls from my mouth
Slip
Your dress
Over your head
Its been so long
Move
On top
Because that way
You touch her too
Turn
Your head
Come back again
To here knows when
02:46 Publié dans As heard on radio skam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, My Bloody Valentine, Loveless, To Here Knows When, shoegazing
13.01.2008
[RZA/RAZ]
Mon espace immédiat est à présent un véritable blockhaus en milieu urbain, tandis que mes yeux et toute ma matière grise bouillonnent et s’activent intensivement. Mode révisions. Mais le silence m’étant insupportable, j’établis une tout autre atmosphère ouatée, propre à ce que mon cerveau d’étudiant compile docilement toutes les infos qu’il lui faut compiler. Je mets donc de côté mes récents downloads hyphy, grime, d’n’b tanz-metall et tek, pour ne garder qu’une poignée de disques sainement limpides, dénués de toute infrabasse hystérique ou agression verbale. Quelques perles électroniques, drones métalloïdes, diamants noirs post-punk et post-jazz composeront ainsi en toute logique la bande-son des deux fucking semaines de partiels qui viennent clore ce mois de janvier. Petite sélection.
4Hero, Parallel Universe
A Guy Called Gerald, Black Secret Technology
A Reminiscent Drive, Mercy Street
Autechre, Incunabula
Cure, Pornography
Miles Davis, On The Corner
Fantômas, Delirium Cordia
KTL, KTL 2
Kruder & Dorfmeister, The K&D Sessions
LFO, Advance
My Bloody Valentine, Loveless
*
[Metropolis]
La rythmique cristalline emplit l’atmosphère
De pulsations si gracieusement organiques.
Le jour déclinant, lui, darde un or éphémère
Sur les kids crêtés qui dansent la tecktonik.
02:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, tecktonik
10.01.2008
[La rivière étroite et dormante]
A travers les tombées de soleil et les ombres des nuages qui l’animent, j’embrasse d’un coup d’œil le paysage que je suis venu chercher au bout de ces chemins perdus, sur la seule foi d’un nom magique.

Les domaines d’Arnheim existent, et chacun au moins une fois dans sa vie les a rencontrés – mais le courant inexplicable qui saisit et porte sur l’eau l’esquif recourbé comme un croissant de lune, c’est le battement du sang jeune, et comme une palpitation continue d’avenir. Les images que déroule tout voyage initiatique renvoient chacune en énigme à une rencontre préfigurée qu’elles font pressentir et qui les achèvera ; c’est la puissance d’envoûtement des excursions magiques, comme l’a été pour moi celle de l’Evre, tire sa force de ce qu’elles sont toutes à leur manière des "chemins de la vie", qu’elles en figurent obscurément à l’avance les climats et les étapes. Les prestiges matériels que je prête à l’Evre ne sont pas tous imaginés, et peut-être les trouverais-je encore intacts au long de cette promenade retrospective que j’envisage quelquefois. Mais tout ce qui a la couleur du songe est, de nature, prophétique et tourné vers l’avenir, et les charmes qui autrefois m’ouvraient les routes n’auraient plus ni vertu, ni vigueur : aucune de ces images aujourd’hui ne m’assignerait plus nulle part, et tous les rendez-vous que pourrait me donner encore l’Evre, il n’est plus de temps maintenant pour moi pour les tenir.
Julien Gracq, Les Eaux étroites.
21:40 Publié dans Fragments étrangers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, Gracq, Les Eaux étroites, Argol
08.01.2008
[La chimie du verbe]
Adravil, Ambrosia, Antibiotic gel, Aqua cure, Aquasol, Athelas, Kingsfoil, Asëa Aranion, Bacta, Bellerophon, Bittamucin, Bloodhype, Byphodine, Cardamine, Chamalla extract, Charlanta, pastillas de Chiquitolina, Cloveritol, Cordrazine, Cryostim, Daylight, Dehalcynate, Doloxan, Dried frog pills, Dypraxa, Elixir of live, E-Z doze it sleeping pills, Fast-penta, Felicium, Flintstones chewable morphine, Fut buddy, Gambutrol, Hydromel, Hydronalin, Hypnocil, Isoprovalyn, Jamitol, Jet antidote, Kallocain, Kalocin, Kolto, Lethe, Lithium dibromide, Medi-gel, Metazine, Morpha, Neodextraline solution, Novril, Panacea, Panexa, Pasceline D, Phalanx, Phoenix down, Placiden, Plomox, Prexilin, Provasic (RDU-90), Prozium, Pylene 50, Qualex, RadAway, Rad-X, Repressitol, Retinax, Ritalin, Ryll, Safsprin, St. Jonah's morphine for children, Stim pack, Selenine, Serisone, Serum 114, Shinten, Skele-gro, Space mead, Tretonin, Triopenin, Triox, Triox compound, Turbolax, Uspirim, Valifin, Viopril...
Alosun, Altruizin, Anti-gerasone, Ascomycin, Azrael, Betathanatine, Blinkmoth serum, Bliss, Brillance, Boosterspice, Bubbleshake, Buffout, Chemical X, Clithni, Cortexin, Dimoxinil, Distral, Drive, Dylar, Ephemerol, Ethical birth control pills, Flash, Focusyn, Fukitol, Gamma glipheptin, GC-161 (formula 1-6-1), Gingold extract, Gleemonex, Hardovax, Homocil, Hyper, Jumpstart, Kamikaze, Ketracel white, Kerasine, Kick, KR-3, Ladder, Love potion no. 9, Magic potion, Mañanacillin, Melange, Mentamite five, Mentamite six, Mentats, Micoxaflopin, Miraclo, Mutant growth hormone, Omegendorph, Pax, Plutonium, Plutonian drug, Polydichloric euthimal (PDE), Project 5 formulas, Prozium, Psycho, Quicksilver, Regenerate, Ritalout, Rumble ball, Sapho, Silver serpent venom, Slappers, Sleep-EX, Snibbo, Soma, Spaceoline, Stim, Stims, Stimutacs, Stimpacks, Super Mushroom, Velocity-9, Velocity-10, T'langen, Venom, Venus Drug, Viagrogaine, Vitameatavegamin, Water of power, Wraith Enzyme, Zombie Powder...
Aklo, Ash, Betaphenethylamine, Bliss, Bliss pellets, Bloodhype, Blue glass, Brainscratch, Bug powder, Cake, Can-D, Cardamine, Chew-Z, Chronax, Condamine, Cyclomite, DMT-7, Deathsticks, DMZ, Drencrom, Dreamgum, Dust, Dyne, Energon, Excelsior, Fear, Flects, Formula 51, Gerin oil, Gingerbread, Glitterstim, Goofballs, G'guan eth seeds, Hazia, Honk, Double honk, Jet, Kickapoo joy juice, Leeches, Levitol, Lho sticks, Lotus tree, Mechanics, Merge, Mindprobes, Mimezine, Mist, Mnophka, Molecular Reward, Moloko, Moon Rocks, Neuroin, Nuke, Obscura, Pan galactic gargle blaster, Phenyldihydrochloride benzelex, Plutonian nyborg, Psylenol, Red eye, Red kryptonite, Shadow, Skooma, Slab, Somnambutol, Space, Space coke, Space honey, Space bee honey, Spark, Spike, Spin, Stimutacs, Substance D, Supercool, Synthehol, Synthemesc, Dr. Zeus inc.#Theobromos, Thionite, Totally awesome sweet Alabama liquid snake, Trellium, Tripwire, Ultrazone, U4, Valkyr, Vellocet, Vraxoin, White Claudia, Zom-B, Zyme...
Aglaophotis, Alkadexabenzathera-podazalamide, Cure, D-Tabs, Flashback, Garmonbozia, Gladular restorative, Habafropzipulops, Hezekiah's Compound elixir, Infestation antidote, LCL, Metroid vaccine, Mutagenic Serum, Nurostim, P-Base, PurBlood, Protoblood, Rage, Re-Agent, Soy Sauce, ThreeEye, Yakov's elixir...
17:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.01.2008
[A la nuit close]
La valse des astres sur la voûte céleste
Jette en cortège des primes ombres du soir
De douces litanies. La solitude infeste
Ces corps en perdition dans la matière noire.
L’obscurité se peuple d’imprécis murmures,
Les échos en efflorescence de nos rêves,
Que le firmament constelle de sa parure
Diamantine et que l’or sélène parachève.
A l’aurore, l’évanescente mélodie
Des étoiles, cette ivre aubade en compagnie
De laquelle nous nous dérobons à nos songes,
Est au feu du crépuscule un divin éloge.
17:40 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie
04.01.2008
[Pour un manifeste noir]
C’est le poète, cette multiplicité broyée et enflammée qu’Artaud identifiait à la lisière de sa conscience. Les poèmes n’en sont que les lambeaux ignés, les plus monstrueux scories, les plus douloureux. Ils ne sont pas vraiment une élévation de leur auteur – celle-ci ne peut être qu’illusoire –, mais plutôt son basculement vers le bas, emporté dans ses entrailles par une downward spiral, là où toute la chair bouillonne en une multiplicité étirée à l’infini. Une poésie de l’abîme, une poésie de la chute.

Nocturnes, les veines brûlées de l’intérieur,
Je m’avance peu à peu vers cette lueur
Fragile qui enlumine mon horizon.
21:25 Publié dans Exercices négatifs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie, Artaud, Nine Inch Nails
03.01.2008
[L'astre du désastre]
Schleiermacher : en produisant une oeuvre, je renonce à me produire et à me formuler moi-même, m’accomplissant en quelque chose d’extérieur et m’inscrivant dans la continuité anonyme de l’humanité – d’où le rapport oeuvre d’art et rencontre avec la mort : dans les deux cas, nous nous approchons d’un seuil périlleux, d’un point crucial où nous sommes brusquement retournés. De même, Frédéric Schlegel : aspiration à se dissoudre dans la mort : "L’humain est partout le plus haut, et plus haut même que le divin". Passage à la limite. Il reste possible que, dès que nous écrivons et si peu que nous écrivions – le peu est seulement de trop -, nous sachions que nous approchons de la limite – le seuil périlleux – où le retournement est en jeu.
Pour Novalis, l’esprit n’est pas agitation, inquiétude, mais repos (le point neutre sans contradiction), pesanteur, lourdeur, Dieu étant "d’un métal infiniment compact, le plus lourd et le plus corporel de tous les êtres". "L’artiste en immortalité" doit travailler à l’accomplissement du zéro où âme et corps deviennent mutuellement insensibles. L’apathie, disait Sade.
Maurice Blanchot, L'Ecriture du désastre, 1980.
02:55 Publié dans Fragments étrangers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, Blanchot, L'Ecriture du désastre



