04.01.2008
[Pour un manifeste noir]
C’est le poète, cette multiplicité broyée et enflammée qu’Artaud identifiait à la lisière de sa conscience. Les poèmes n’en sont que les lambeaux ignés, les plus monstrueux scories, les plus douloureux. Ils ne sont pas vraiment une élévation de leur auteur – celle-ci ne peut être qu’illusoire –, mais plutôt son basculement vers le bas, emporté dans ses entrailles par une downward spiral, là où toute la chair bouillonne en une multiplicité étirée à l’infini. Une poésie de l’abîme, une poésie de la chute.

Nocturnes, les veines brûlées de l’intérieur,
Je m’avance peu à peu vers cette lueur
Fragile qui enlumine mon horizon.
21:25 Publié dans Exercices négatifs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie, Artaud, Nine Inch Nails



Commentaires
tout le monde ne suit pas la trajectoire d'artaud, loin s'en faut; artaud est une trajectoire, rien de plus.
d'autres trajectoires s'appellent rimbaud ou rumi, voir hallaj ou gibran....pas d'abîme dans ce cas, plutôt une flottaison en apesanteur sur un nuage de titane.
Ecrit par : gmc | 08.01.2008
Halladj, (Khalil?) Gibran... Je vais essayer de mettre la main sur leurs ouvrages d'ici peu, mais d'ici là il me faut évacuer les quelques piles qui m'attendent déjà. Je m'attaque à Gibran avant la fin du mois, promis!
Ecrit par : skam | 08.01.2008
"le prophète" de khalil gibran peut être considéré comme la synthèse de son oeuvre, mais le reste vaut le détour aussi.
Ecrit par : gmc | 08.01.2008
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