30.04.2007
[L'anarchisme est un libéralisme]
Le mot "transparence", phantasme éminemment récurrent des libéraux depuis leur venue au monde, prit l’allure d’une drôle de litanie lorsque Royal ne cessa d’en multiplier l’énonciation lors d’un passage blitzkrieg sur la première chaîne. Mais je ne suis pas sûr que cet additif féminin n’efface cette petite tension qu’il éveille en moi à chaque fois. La transparence, c’est l’information globalisée prenant l’allure d’un frivole mouvement de capitaux, en afflux et reflux perpétuels autour du monde, diluant la réalité et l’Histoire. L’événement devient liquide et se dissout sur la surface du globe avant même sa survenue. L’utopie socialiste n’aura finalement jamais été aussi proche de la perfection décrite avec ivresse par Fukuyama.

La campagne présidentielle dévoile toutes les petites conceptions paradoxales et schizoïdes des différents candidats, donc véritablement celles des lignées politiques dont ils sont chacun la monstrueuse progéniture. Les gauchistes ne cessent de relifter et customiser leurs lectures élaguées de l’oeuvre keynésienne, tandis que le libéralisme perverti de la droite pseudo-gaullienne sert de leurre pour dissimuler toute une série d’exactions cryptomonarchiques. Qu’importe l’issue des élections, l’autoreproduction de la médiocrité sera assurée.
22:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, libéralisme
28.04.2007
[Mr me too]
15:00 Publié dans As heard on radio skam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, Clipse, Hell Hath No Fury, hip hop
23.04.2007
[Divertissement]
Tous deux sont les composants d’une même Machine, deux agents contaminants se frictionnant l’un l’autre et noyant le reste sous un flux ininterrompu de mensonges et contrevérités. Vaguement humains, mais purs produits du marketing télévisuel, ils sont des non-sens réalisés. La plasticité clipesque de leurs prestations montera en intensité sans s’épargner le ridicule et le paradoxe, pour un jeu de guerre au réalisme stupéfiant. Ils se trémousseront en surmultipliant les écoulements verbaux jusqu’à y dissoudre entièrement toute signification. Tout se jouera sur les capacités de chacun à camoufler l’atrophie de son programme sous d’incessantes petites manipulations syntaxiques. La magie médiatique fera le reste.
Ne pas oublier. Toute la stabilité du présent système politique tient en cette sublime illusion par laquelle il nous persuade que l’intronisation de l’opposition est porteuse d’une quelconque rupture ou variation de régime. Comme si passer du jour à la nuit modifiait d’un iota la trajectoire terrestre.
Dommage que je n’ai pas le temps ces deux prochaines semaines de m’amuser à décortiquer tous les néologismes, pléonasmes et autres expressions insignifiantes qui verront le jour de ce spectacle hautement médiatisé. Observer comment toute une langue se déconstruit et se désagrège est un exercice assez captivant, même si en définitive cette autodestruction n’est jamais de bon augure.
16:15 Publié dans Dans l'Interzone | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
20.04.2007
[Autogestion]

Dictature participative et kärcherisme secrètement désiré par l’inconscient collectif, figures de style comblant en négatif le grand vide conceptuel de l’actuel affrontement simulé sur tous les espaces qui lui sont disponibles (les ondes hertziennes, les ségosphères numériques et la surface de nos neurones). Monstruosités médiatiques catalysant la fuite nationale vers l’irréalité, les candidats dissimulent la vacuité de leur programme sous un déluge insensé/incessant de cadavres exquis sursignifiés par les journalistes, de formules clinquantes et de slogans surproduits massivement. Ils ne sont plus que des valeurs spéculatives destinées à satisfaire l’hédonisme autistique en cette infra-minute que constitue désormais notre horizon temporel. Des produits similaires aux étiquetages différents. Le corps politique expulse les derniers obstacles à sa consanguinité. A présent, le processus électoral est entièrement dominé par la plus pure logique marchande et l’encéphalogramme semble présenter une ultime poussée d’euphorie avant le krach.
19:55 Publié dans Dans l'Interzone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note




