30.12.2006

[Pandore américaine]

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       Primes signes d’une frémissante démence
       Amalgamant axones et vision d’Escher,
       Les mots s’infiltrent violemment dans la conscience
       Comme le métal perdu épouse la chair.
 
       Et l’atome emporte le monde dans sa danse.

12.12.2006

[Bioéthique]

       Imaginons que des chirurgiens aient prélevé petit à petit le corps de A pour le transplanter chez un deuxième individu B et vice versa, laissant en place leurs cerveaux respectifs. Même si le langage courant nous permet d’affirmer que A et B ont échangé leurs corps, le sens du mot "corps" de la loi ainsi que les techniques d’attribution de matériau humain ne nous permettront pas de l’affirmer. Poussons ce cas de figure plus loin et supposons qu’on soit allé jusqu’à substituer le cerveau lui-même par cette procédure. Même dans cette hypothèse, il ne nous sera pas permis d’affirmer qu’il y a eu greffe de corps ou substitution d’identité. Ce sont les décisions médicales mises en œuvre dans ces échanges somatiques et encadrées par les lois bioéthiques qui vont marquer l’identité de l’être humain lors d’une greffe totale, et non pas une quelconque référence au corps biologique.
       Ces nouvelles conventions juridiques et langagières autour de l’identité personnelle ont l’avantage non seulement d’ouvrir jusqu’à son extrême limite la possibilité des échanges somatiques mais aussi d’effacer toutes leurs traces. Ces règles rendent impossible la reconstitution de la trajectoire du matériau humain, comme si aucune intervention n’était intervenue, comme si rien n’avait interrompu le cours naturel des choses. Tout ce que l’on donne et tout ce qu’on reçoit va et vient dans le grand circuit administratif créé par les lois, circuit qui nous fait vivre, mourir et demeurer identiques à nous-mêmes.
       Marcela Iacub, le Crime était presque sexuel.

10.12.2006

[Nostalgie lourde]

       Les corps déposés sur la rive d’asphalte
       Destins brisés, la chair meurtrie, bleu cobalt,
       Eclatent douloureusement dans nos crânes.
       Les souvenirs brûlent comme du méthane.

04.12.2006

[Reprise des opérations]

       Le cerveau déploie son armement chimique. Il jouit des perturbations de la nanotechnologie naturelle dispo, ce magma de pulsions incendiaires en éternel mouvement mort, inertie bouillonnante. L’organisme tendant à atteindre ses propres limites, il sécrète une forme sauvage d’adrénaline, un flux actif prenant le contrôle de la machine et la faisant atteindre les frontières qui ne cessent de lui échapper. Option trash, ADN poubelle. La valse nocturne commence, la fusion s’opère à froid, hypnotique, toxique. Les molécules se surexcitent et contaminent le bloc charnel, se condensent en son sein et le saturent, l’explosent. Sacro-sainte nuit où la rosace des possibles s’ouvre et nous aspire entièrement.
 
       En quête d'une esthétique violente
       Vaguement semblable à une mort lente…
 
       Tout processus à l’œuvre trouve son sens à l’ombre de lui-même. Le mental expose à nu les mouvements souterrains et riposte. If I was in World War Two, they'd call me spitfire.

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