10.12.2006

[Nostalgie lourde]

       Les corps déposés sur la rive d’asphalte
       Destins brisés, la chair meurtrie, bleu cobalt,
       Eclatent douloureusement dans nos crânes.
       Les souvenirs brûlent comme du méthane.

Commentaires

Douce impression de "lire" du Bilal.....

Ecrit par : Voiker | 12.12.2006

... et pourtant j’essaye d’écrire du Klee.

Non pas faire "éclater" le "corps", mais le poème lui-même, le faire tendre vers une explosion de couleurs, faire surgir celles-ci comme justement Bilal fait surgir du rouge sur du blanc immaculé. Ce n’est pas ma petite préoccupation du moment, mais j’y reviendrai très prochainement, expérimenter deux trois trucs, avec sérieux.

Ecrit par : kamisama skam | 13.12.2006

IMPLOSION DESTRUCTUREE

Le poème éclate toujours en strophes assassines, en luminescences irisées, en gerbes de molécules fragmentées. Son aura incendiaire attise les charbons ardents qui végétent sereins dans l'attente d'un big-bang carnassier, opérateur de mouvements verts, qui les lancent vers l'infini obscur au centre duquel se prélasse l'arôme de la lumière. Dix mille katioushas d'opale et de jasmin lancent des roquettes orange poivrée et jaune Bornéo, des missiles bactériologiques au sulfure d'ammoniaque, des fusées coeur-coeur aux irradiations couleur de mercure. Cent mille orgues de Staline ne peuvent anéantir les couleurs blêmes du poème, arc-en-ciel monochrome qui laisse affleurer l'ivoire et le sang de l'aurore. Les troupes de choc de la poésie n'ont aucun besoin d'uniformes chamarrés, imprégnées qu'elles sont de la parole aux yeux pourpres, les couleurs d'océan sont leur parure meurtrière et le velours de la nuit leur tenture d'incarnat. C'est dans un bain d'uranium enrichi que germent et se développent les stances vertes qui enflamment les mondes.

Ecrit par : gmc | 13.12.2006

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