25.09.2006

[Les anges exterminateurs]

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       L’image se dégage des déchets vidéo.
       La chair mouvante alimente ses ondulations
       Des criardes obsessions en fluide suspension
       Au fond des yeux plaqués sur l’écran, jouet porno.
 
       Tout le monde est branché sur les médias. Beaucoup savent qu’après avoir effectué quelques "essais érotiques", le cinéaste Jean-Claude Brisseau se retrouva accusé d’abus sexuels par deux des comédiennes. Jugé coupable, il décide alors d’utiliser cet épisode pour en faire un film, ce qui donne le biopic vaguement fictif les Anges exterminateurs, à travers lequel il donne sa vision des événements, prend sa propre défense en mains, caméra au poing. Au sein de chaque image de cette hagiographique plaidoirie s’agite donc l’ego de Brisseau, tout entier plongé dans l’ambivalence, à la fois déplaisant et attrayant. Et lorsque l’objet cinématographique s’écarte du narcissisme de son réalisateur, c’est pour se saturer du corps féminin. Les ailes du désir sont dépecées, déchirées. La matière filmique se laisse pénétrer par les phantasmes avant que le principe de réalité ne reprenne le dessus avec douleur. Les corps déchargent les transgressions sur la pellicule. Les machines désirantes s’exposent moites, se dénudent jusqu’au ridicule, jouissent ou simulent la jouissance sous l’œil pervers de la caméra. Les séquences se suivent, alternant lapdance grotesque, masturbations clitoridiennes et caresses saphiques, fragments d’un film en germination à l’intérieur du film. Les relations frictionnelles entre les personnages mis à nu s’exercent captivantes, puis enflent nauséeuses. Les Anges exterminateurs est un film ambigu, tant dans sa réflexion, ses intentions, que dans son résultat visuel. Il est crade, déplaisant par certains abords, mais il n’en reste pas moins valable et est de loin supérieur à pas mal de saloperies à l’affiche.

Commentaires

J'avais vu noce blanche du garçon, je ne sais pas ce que tu en penses, mais le film m'était apparu comme une suite de clichès ou le grotesque se disputait avec le pathétique ! Paradis aurait mérité un césar pour réussir à sortir avec naturel les dialogues bidons que Brisseau lui avait écrit... je soupçonne, derrière la pose auteur, l'escroquerie artistique absolue. Tu as vu d'autres films de lui ?

Ecrit par : fatalis | 26.09.2006

Non. J'ai découvert ce type aujourd'hui. Mais ton résumé de Noce blanche convient parfaitement aux Anges exterminateurs.

Ecrit par : skam | 26.09.2006

ça m'a l'air intrigant, ce film...

Ecrit par : wrath | 27.09.2006

S’il t’est possible de le regarder, ne te gênes pas ; j’aurais bien voulu avoir l’avis d’une fille sur ce film, même un "ce type n'est qu'un obsédé, il raconte n’imp !".

Ecrit par : kamisama skam | 01.10.2006

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