14.03.2006
[Radio libre campus]
L’espace universitaire a perdu comme fonction celle de véhiculer l’intelligence. D’en être un catalyseur. Cet espace est mort. Ce n’est plus qu’un immense parking, une zone désertée par la matière grise et stockant de la chair stérile et des bagnoles. Rien ne semble remettre en cause cette terrible équation. Les bibliothèques sous l’apparence de l’abondance n’offrent finalement qu’un nombre infime de livres fiables, le reste n’est que futilité, un simulacre de contenu. Les bâtiments du campus marquent par leur architecture thanatologique. Usines de diplômes insignifiants, ils servent de support informatif à la propagande de l’Unef maîtresse, aux suffocantes flammes tricolores et aux soirées étudiantes dans les boîtes ploucs de la ville. Tout ce décor transpire de l’artificialité hollywoodienne. Et chacun y joue son rôle à la perfection. Quant à la remise des prix, ces fameux diplômes, il ne faut pas chercher du côté du baroque paillettes des Oscars pour s’en représenter la chorégraphie toc, mais plutôt du côté de la modicité froide qui suinte des Césars. Et l’on se surprend à espérer que tout cela n’est que fiction.
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