24.02.2006
[Intercepter le néant]
Nos rêves se dissolvent
dans le bleu monochrome
du ciel de nos cités mortes.
Les vitres prolifèrent froides
sur tout l’espace disponible,
propagation en adéquation
avec le réseau de caméras
quadrillant centre et périphéries,
saisissant l’actualisation moite
de nos phantasmes en kit
pour les compiler
en qualité numérique
dans notre mémoire perverse,
notre mémoire collective
d’androïdes sociaux
débranchés du sens,
fluide chaotique d'images
diffusées en boucle
sur tous les écrans.
Zones érogènes nouvelles,
nos yeux désirent
rester connectés dessus.
16:05 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.02.2006
[Chiastic slide]
1997, Sean Booth et Rob Brown fomentent un nouveau sabotage. Chacune de leurs productions atteint un palier supérieur, redéfinit les limites et les repousse à nouveau : ce monstre ne fait aucunement exception. « Soleil d’acier » de la discographie d’Autechre, Chiastic slide compose avec Tri repetae deux colonnes atomiques jumelles se dressant sur l’univers encore trop bien propret de la musique abstraite. Par cet album, la période bleep du duo, celle de la première moitié des nineties, s’annonce définitivement révolue, quoique peut-être encore perceptible dans certaines mélodies. Celles-ci sont dénuées de toute complexité (à la différence de la texture rythmique), imparfaitement réalisées, donnant l’impression à leur écoute de vouloir s’extraire de ces masses en mouvement afin d’exister. La musique trouve dans sa rythmicité un semblant de chair, elle devient pornographique ; charnelle, dans cette union consommée en enchevêtrements inouïs entre bruits industriels, échantillons étranges et autres parasites bioélectriques, matrice d’un réagencement biologique de la matière sonore ; pornographique, dans cette impression d’expérimenter la musique dans ses plus infimes détails, dans cette impression de la voir s’exposer en un zoom hallucinant. Jamais la musique n’avait atteint un degré semblable de physicité, pour employer un néologisme, jamais elle ne s’est présentée aussi physique. C’est sale, métallique, abscons, profondément déstabilisant, mais continûment jouissif pour celui qui fait preuve de patience. Avec Chiastic slide, ce sont de nouveaux espaces d’exploration que s’offre le duo, annonçant sous la forme d’une première ébauche la somptuosité obscène du jusqu’au-boutiste Confield.
10:40 Publié dans Art brut consommé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.02.2006
[En approchant l’aurore boréale]
En écoulement dans la nuit circumterrestre
Le vent sur fond de mélodies résiduelles
Répand les souffrances hurlées à pleins poumons
D’un cosmonaute s'embrasant en chute libre
La chair moite devient vive étoile filante
Etrange matière séduisant les regards
Le ciel offre poussé dans l’irréalité
Une fractale à dominante rouge sang
20:36 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.02.2006
-
L’air est lourd,
de la saveur d’un métal ;
Saturé de voix étouffées,
interférences mélodiques
formant un bruit blanc enivrant,
il capte toute les existences
en fuite
vers un Ailleurs potentiel.
Les autoroutes infinies
en périphérie du Réel
sont toujours aussi désertes.
14:00 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.02.2006
[Trajectoires croisées]
Trafic s’écoulant dans le lagon d’asphalte
Et s’entrelaçant aux figures asphyxiées
Que les vitres désirent absorber nuitamment
Les filtres respirent les brumes d’absinthe
Fuyant l’intriguante source bleutée
Environnement stable éreinté de chocs
Les constructions urbaines s’établissent
Autour d’une fente aux allures féminines
Méat source de pureté jouissive
Où le reste s’insère justement
Effondrement d’immeubles en un ordre exact
Sans aucun temps d’ajustement
10:49 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.02.2006
[Vague]
L’océan vert d’une particule solitaire
Berce en son sein des embryons de mélodies sèches.
Des nuées émeraude d’oiseaux répandent des
Ritournelles terrestres dans le vide cosmique.
20:46 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.02.2006
[Explosion florale]
Tout circule dans la blogosphère sous forme de flux visqueux, tout ça plein d’une fluidité obscène. Les fragments existentiels fleurissent en hurlant leur pathétique ode d’êtres pris dans leurs trajectoires schizoïdes, plongées terminales vers l’effacement. Toutes ces tendres muqueuses et chairs érectiles s’étalent à la lumière du jour en espérant y trouver l’énergie manquant à leur jouissance égocentrique, celle qui les ronge en leur faisait désirer d’avoir un sens. L’humanité n’a plus ainsi d’autre finalité que de pulluler dans le virtuel, donnant au réseau une image de déchetterie en extension continuelle et métastatiquement rhizomique. Les mots ne sont plus que les scories d’expériences vides enveloppées de l’odeur aigre de la décomposition.
10:39 Publié dans Dans l'Interzone | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.02.2006
[Esthétique de base]
La texture des œuvres d’art contemporaines est une matière de l’ordre de l’illusion. L’Art n’est plus que simulation de sens, amalgame de signifiants déconnectés de tout signifié. L’opération artistique est alors de l’ordre du pur simulacre. Ce qu’on cherche à créer chez l’individu, c’est l’impression d’être face à quelque chose de sensé. La relation avec l’objet n’a jamais été aussi interactive. Nous devons par nous-mêmes donner à celui-ci une signification, quitte à saturer ce qui était de la nature d’un simple silence, néant sémantique se propageant par contamination.
22:52 Publié dans Dans l'Interzone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.02.2006
[Violence motrice]
Machine de surface infiniment consciente,
En position inerte, nerveuse au possible,
Elle fait de ses pulsions une mélodie
Avec laquelle elle anesthésie l'espace proche.
Les voix sont écrasées, refoulées au silence,
Se désespérant de sa convulsion prochaine.
Au plus profond de la simulation de chair,
La mécanique engendre un avenir brutal.
19:09 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


