31.12.2005

[Nuit bleue]

       Ce soir c’est le hardcore trip, totale ivresse. Nuit blanche peut-être également. Je sens que la blogosphère se remplira de récits par milliers au petit matin. Et puis demain on comptera toutes les épaves.

20.12.2005

[Artificialité désirée]

       On les massacrerait allégrement, tous ces Jude Law putes faiseuses de musique. On les dépècerait de leurs composants électroniques et de toutes ces masses de substituts biologiques, simulacres de cette vie que toute notre chair véhicule en vibrant, se gardant jalousement de nous en révéler le secret. Moi aussi j’aimerais produire de la musique romantique lorsque j’en ai envie. Puisque cela n’est que fiction, mon esprit simule en masse des massacres de Jude Law. C’est la seule réponse qu’il est capable de fournir.
   
       Voilà le terme de l’évolution : la conscience, comme quête d’unicité. Au-delà s’initialise un mouvement dévolutif, le retournement de la conscience sur elle-même, son suicide en masse, tragiquement narcissique. C’est au fond ça la fin de l’histoire, ensuite l’on va à rebrousse-temps. L’artificialité des androïdes sera consumée le jour où ils rejetteront leur qualité de simple copie. L’humanité, au contraire, devient artificielle, schismatrice pauvre de lignées cloniques, déniant en actes le programme inscrit au cœur même de l’évolution, c’est-à-dire la complexification toujours plus poussée, la recherche d’une variété croissante.

[Lickin time]

       Asphalte enneigé sous la mer grise de nuages
       Je suis une machine animale marchant
       Et tu n’as été amène avec moi
       Chanceuse mignonne et stupide
       J’expulse tout
       Machine animale foulant l’asphalte froid
       Crachant traçant sa voie dans l’odeur de soufre
       Les souffrances bien lourdes salope

05.12.2005

[Transition]

       Dans A History Of Violence, lors de la scène du snack, la surréalité propre aux films de Cronenberg explose et contamine brutalement tout l’écran, réduisant dès lors les lignes de fuite à une simple synthèse disjonctive de type dual. Rien n’échappe à cette prolifération, ni même cette serveuse que l’un des meurtriers rattrape au seuil du dégagement. Le dénouement de la scène initialise le passage à un niveau supérieur, à un next level où le degré de difficulté est accru. Le visage de Tom Stall nous en signale la prise de conscience. Il sent que tout est redéfini, que cet instant trace une nouvelle série, à l’image des multiples connexions et déconnexions dans eXistenZ. Tom Stall had the perfect life… until he became a hero.

03.12.2005

[Deux séries]

       Planètes explosées répandues dans tout l’espace
       Le ciel s’étoile de survivances du passé
       S’illumine de poussières hurlantes de rêves
       Tentatives d’existence en manque d’attention
       Les yeux restent connectés dessus
       Rendus immobiles par tout un kit de sensations
       Le reste devient forme pure de vertige pour nourrir
       Ces yeux restant connectés sur l’illusion

02.12.2005

[Impacts sur la surface lisse]

       Les figures sont doubles, tout s’extrait du fond comme s’inscrivant dans une dualité. Je sens la matière grise devenir la matière première d’un vague processus de plongée dans l’obscurité. La vitesse de chute libre vers une impossible asymptote. Je me rapproche de toi bébé. Ce soir la nuit coule avec les dernières données brutes du Réel, les derniers feux d’un Cosmos bâti pour s’effondrer. La déconnexion neuronale est une pratique à court terme. Augmentez la durée et le monde n’est plus. L’objet se balade en trajectoire de collision sans le sujet pour le maintenir sur l’orbite de l’illusion. Les forces potentielles s’actualisent et c’est le noir qui domine. Vu l’heure, il ne reste plus qu’à se reposer parmi les éclats froids et morts du Réel. Son image nous dissimule le vide. Le ghost a beau se balader, le corps demeure en place. La promenade du schizo. Fixez une date limite et explosez alors.

Toutes les notes