16.11.2005

[Pause/reprise]

       Se retrouver dans un état d’extrême secousse, éclaircie d’irréalité, avec dans un coin de soi-même des morceaux du monde réel.
       Artaud, le Pèse-Nerfs.
 
       Oui, j’en étais resté là, aux lumières urbaines, mais à présent je m’extrais du contexte des pulsions de violences qui s’expriment en décélération dans les banlieues, surfaces interlopes résultant des politiques enchaînées depuis une vingtaine d’années dans le vide et la médiocrité. Je m’extrais de ça, j’évacue tous les miasmes médiatiques pour réintégrer ma propre réalité. Bande-son urbaine composée par 1°) la rage motorisée des véhicules sur l’asphalte hurlant 2°) des murmures plus qu’étouffés, parmi lesquels je devine aisément quelques résidus échappés de simulations télévisuelles 3°) l’écoulement du vent entre les édifices de béton 4°) limité à la pièce, Twoism en fond sonore. La nuit est tombée sur la ville et seules les lumières semblent mouvantes dans ce paysage d’inertie. Ce soir je dois bosser, en haut débit je dirais. Je crois que c’est un bon choix stratégique, surtout si je veux profiter la tête libre des soirées de fin de semaine. Yeah baby.

 

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