31.10.2005
[Auroral dasein]
Excités dans leur chair à l’idée d’exister,
De s’entrelacer au rai balbutiant du jour,
Les êtres sont explosés au contact de l’air,
Juste à peine esquissés dans la réalité.
19:55 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
[Différence et répétition]
Kernal entre dans la villa vortex.
Kernal entre dans la villa vortex.
Kernal entre dans la villa vortex.
Kernal entre dans la villa vortex.
19:47 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.10.2005
[Zones sensibles]
Essayer de décrypter l’information pour avoir une perception plus juste des événements. La nuit, Clichy-sous-bois voit son territoire soumis à une guérilla urbaine encore soft. Encore soft dans la mesure où certaines personnes, que j’espère tout simplement paranoïaques, croient que les émeutiers ont à leur disposition un véritable arsenal de guns et AK47. Que voir là-dedans ? La Ligue des Droits de l’Homme de Seine-Saint-Denis dit dans un communiqué qu’« au moment où certains représentants des pouvoirs publics multiplient les provocations verbales vis-à-vis des jeunes de banlieue, on ne peut malheureusement pas s’étonner que ce qui devrait rester des incidents avec la police se transforme en drame ». Les incidents sont donc tolérés. Peut-être peut-on voir là ce qu’Hannah Arendt avait perçu comme étant la banalité du mal. On ne condamne nullement ce qui est en train de se dérouler, non, en revanche s’il faut trouver un coupable pour tout ce bordel, on sait que ce ne sont absolument pas toutes ces personnes qui projettent sur les agents des forces de l’ordre et les pompiers divers objets de types pierres, barres métalliques et bien sûr cocktails Molotov, non, le coupable est un politicien un peu trop porté sur le Karcher. Le fait est maintenant à peu près avéré que les flics, ces robocops démunis comme chacun le sait de toute sensibilité, ne sont nullement responsables de l’introduction des deux voyous dans le transformateur EDF, donc de leur électrocution, mais tout le monde s’en fout, à commencer par ces jeunes doués du souffle de la révolte et qui embrasent tout un quartier. Jusqu’à présent, on s’insurgeait contre le fait que la police fasse son travail. Aujourd’hui, qu’importe son action, elle se trouve au point exact de l’impact de toute une violence. Violence sans cause, générée pour elle-même, mais démontrant une nouvelle fois que les gouvernements ne se sont aucunement penchés sur l’intégration de toute une sous population. Quant au dit politicien, on peut s’interroger sur la manière par laquelle il gère la situation et son degré d’efficacité dans cette tâche que lui incombe tout naturellement sa fonction.
(http://www.ludovicmonnerat.com/archives/2005/10/vers_la_s...)
22:50 Publié dans Dans l'Interzone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.10.2005
[Autopsie de Lee Oswald]
Voulez-vous que je vous dise ce qu’est Dallas ? C’est la ville qui prouve sans l’ombre d’un doute que Dieu est vraiment mort.
Don DeLillo, Libra.
Les pages de ce livre résonnent encore en moi chargées d’une lourde densité. Encore une fois, je déplore l’état de décomposition extrêmement avancé de la littérature française, devancée par sa consoeur d'outre-Atlantique. Après avoir consommé durant les vacances l’imposant et délirant American Tabloid d’Ellroy, je découvre une tout aussi hallucinante vision des circonstances du meurtre de JFK. J’ai déjà perçu la fascination de DeLillo pour cet événement : dans Outremonde, l’attentat se présentait sous sa forme vidéo, de par sa réification en images et son immortalisation syntaxique opérées par Zapruder, et se trouvait analysé, manipulé, mis en boucle. Dans Libra, l’histoire retrouve sa dimension purement chaotique et se résume à une suite de micro-événements aléatoires, ces intensités amorties, vaines révoltes, qui structurent la vie morne de Lee Oswald. La course d’Oswald ne pouvait que l’amener au 22 novembre 1963. Aucune ligne de fuite. Cette étrange biographie lui excise toute réelle implication dans l’attentat et lui confère un statut passif proche de celui d’un téléspectateur témoin de la seule retransmission hertzienne des métamorphoses du monde. Oswald, anti-héros attachant par son humanité, semble plus déterminé par les événements qu’il n’en détermine. La texture littéraire du livre est à elle seule une source de séduction, paramétrée par le style si particulier de DeLillo. Je pense que l’on peut parler de beauté concernant cet immense bruit blanc exposé par Libra.
21:00 Publié dans En mode lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.10.2005
[L'art de la dissection]
Je ne conçois ce weblog que comme un laboratoire, une table d’opération où est échantillonné, analysé et dérivé de sa forme la plus commune le langage. Je n’ai pas encore vingt ans et je continue de vivre ma petite crise d’ado. Ce que je recherche, c’est la déstructuration, le détournement et le sabotage de tout ce qui se présente à moi comme donné. J’applique sur le corps même de mon existence la méthode du cut-up chère à Burroughs. Je me souviens d’avoir vu sur je ne sais plus quel blog un type balbutier sur la difficulté de rédiger son journal intime sur le Net. Connard, maile-moi quand tu auras réussi ce fabuleux tour de passe-passe ; rechercher l’intimité sur le réseau, ce n’est pas seulement difficile, c’est par définition impossible, autant vouloir baiser peinard sur la voie publique. J’expérimente : ce journal trouve son utilité dans la fonction que je lui ai attribuée, celle d’outil, d’interface d’actualisation de menus potentiels que je sens stagner dans mon crâne. Je ne me sens tout simplement pas prêt pour l’heure à y accomplir mon introspection, ou alors par bribes ; je pressens bien que celle-ci pourrait être une assez intéressante voie à explorer, mais à explorer suivant certaines règles que je m’impose, ne serait-ce que pour lui donner une forme bien personnelle. Je dissèque, je mets à nu. Et étrangement, la petite publicité que m’a apporté le Stalker a été à deux doigts de foutre en l’air ce que je construis à mon rythme, empreint d’une lenteur méthodique.
20:30 Publié dans Ma technique de blogging | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
[Besoin d'oxygène]
J’ai désiré absorber tout le mal qui s’exprimait en ma proximité. J’ai tant voulu ne pas rentrer dans le jeu pervers dans lequel la réalité m’imposait une introduction si naturelle, qu’aujourd’hui je recrache toute cette haine gardée jusqu’alors brute en moi, je la vomis pour anéantir toutes les souffrances qu’elle m’apportait. A présent je suis si las de ce monde, si las de ce que gosse plein de rêves je croyais être son essence, une plénitude consommée sans fin, que je peux désormais atteindre un nouveau point de perception par lequel tout ce qui existe m’apparaît autrement, sous un angle de vue étonnamment vierge de toute opacité. Ma maturité ne peut finalement être que ça : la prise de conscience que tout ce chaos n’est pas une perturbation du monde, mais qu’il est au fond sa substance même. Toute cette lumière qui perfectionnait mes désirs n’était qu’aveuglement, les derniers feux d’un univers en surchauffe. Je brûlais, je brûle dans mon aveuglement.
19:15 Publié dans eXistenZ in process | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2005
[Forme concrète]
Les courants du chaos se figent déflorant
Une corolle anthracite de roses folles
De saisons en variation continue de ton
Qu’offre au cosmos une matière en mouvement.
20:55 Publié dans Poésie d'asphalte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.10.2005
[Chromosome 2]
Je me suis tapé une grosse partie de l’émission d’Ardisson pour voir Cronenberg et en apprendre davantage sur son prochain film, A History Of Violence, que j’attends avec une putain d’impatience. Je sens mes tripes comme il y a quatre ans, avant la sortie de Mulholland Drive le mercredi 21 novembre I remember. Mais suivre les conneries d’Ardisson et de son minable homme de main Baffie s’est révélé une grosse perte de temps, alors même que je m’étais promis de ne plus regarder cette émission de merde quand Dantec, mettant encore une fois l’air de rien les pieds là où il faut pas, y fut exposé à un perfide déluge de flammes et à la limite explosé définitivement, renvoyé pour un aller simple dans son loft à Montréal. Il ne me reste plus qu’à attendre le 2 novembre et la grosse claque que j’espère recevoir ce jour-là, bien calé dans mon siège.
01:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.10.2005
[Météo transhumaine]
Considérations sollersiennes. Voilà un petit temps de merde pour finaliser ce qui fut pour moi une sale semaine. Les éclairs strient la grosse masse noire ceignant la ville. Cela semble momentané. Les décharges électriques s’exécutent brutalement en un balai déstructuré. La chorégraphie des éléments ne suit aucune logique et s’improvise en franchissant le seuil de dangerosité. Ça m’effraie salement. Putain, j’ai le sentiment que les tripodes vont débarquer à tout instant.
20:30 Publié dans eXistenZ in process | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.10.2005
[Entre les mailles]
Non, on ne peut pas parler de chaos concernant Internet, mais il faudrait plutôt le concevoir comme un univers fractal, donc hyperordonné, basé sur la répétition d’une même image (vide). Ici la répétition n’est perceptible que par sa dimension sémantique. Ce qui pullule, ce qui se reproduit, c’est le même contenu : le contenu vide ou à densité faible, négligeable.
Passer de l’analyse des masses sociales à celle de l’individu même, c’est comme passer en physique du macrocosme ou microcosme. Les lois précédemment établies ne marchent plus en profondeur et les données empiriques subissent une complexification exponentielle.
La grande leçon de Cube est que l’être humain est dépendant du socius. On y arrive mieux soudés. Notre survie ne s’élabore que collectivement, chacun ayant ses qualités propres, voire uniques, nécessaires pour le groupe. Dans ce film, les règles du jeu sont en variation continue, tout comme l’emplacement de chaque salle traversée, à l’image de notre monde où peu de cohérence n’est perceptible, malgré le débit croissant de l’information.
L’autre conclusion de cet incommensurable objet cinématographique est que ceux qui survivront sont les « tarés », les éléments les plus déviants, les moins intégrés de la société. Il ne faut pas seulement accepter les différences ; il ne faut surtout pas les néantiser comme le voudraient les partisans de la non-discrimination encore plus producteurs de discriminations que ceux qu’ils combattent ; mais il est plus intéressant de les rendre plus importantes, les accentuer infiniment, les rendre monstrueuses.
Les médias sont le préservatif de l’événement : ils réduisent la contamination de la réalité.
L’événement d’un gouvernement planétaire n’est aujourd’hui possible qu’en creux, qu’en négatif : émiettement onucratique du monde par profusion de micronations. Cela me fait penser à la fragmentation européenne que le Vatican avait incitée pour asseoir sa domination. Tous les indicateurs sont positifs : ce qui nous attend, c’est l’avènement d’une nouvelle ère d’obscurantisme, alors même que la précédente ne s’est jamais totalement dissolue.
La Chine va enclencher d’ici peu son extension territoriale hors de la surface terrestre. Elle n’est encore que dans la phase de test, là, encore à la recherche d’une maturité suffisante. A présent, l’Espace capte l’attention de cette nation qui prospère déjà sur les ruines futures de notre Occident. Voici que s’éveille la prochaine nation orbitale. L’Europe, elle, ne fait plus qu’envoyer en chaîne des satellites dans le froid interstellaire, comme quelques signaux de détresse, des murmures oui.
20:55 Publié dans Dans l'Interzone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


