26.10.2005
[L'art de la dissection]
Je ne conçois ce weblog que comme un laboratoire, une table d’opération où est échantillonné, analysé et dérivé de sa forme la plus commune le langage. Je n’ai pas encore vingt ans et je continue de vivre ma petite crise d’ado. Ce que je recherche, c’est la déstructuration, le détournement et le sabotage de tout ce qui se présente à moi comme donné. J’applique sur le corps même de mon existence la méthode du cut-up chère à Burroughs. Je me souviens d’avoir vu sur je ne sais plus quel blog un type balbutier sur la difficulté de rédiger son journal intime sur le Net. Connard, maile-moi quand tu auras réussi ce fabuleux tour de passe-passe ; rechercher l’intimité sur le réseau, ce n’est pas seulement difficile, c’est par définition impossible, autant vouloir baiser peinard sur la voie publique. J’expérimente : ce journal trouve son utilité dans la fonction que je lui ai attribuée, celle d’outil, d’interface d’actualisation de menus potentiels que je sens stagner dans mon crâne. Je ne me sens tout simplement pas prêt pour l’heure à y accomplir mon introspection, ou alors par bribes ; je pressens bien que celle-ci pourrait être une assez intéressante voie à explorer, mais à explorer suivant certaines règles que je m’impose, ne serait-ce que pour lui donner une forme bien personnelle. Je dissèque, je mets à nu. Et étrangement, la petite publicité que m’a apporté le Stalker a été à deux doigts de foutre en l’air ce que je construis à mon rythme, empreint d’une lenteur méthodique.
20:30 Publié dans Ma technique de blogging | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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