26.10.2005

[Besoin d'oxygène]

       J’ai désiré absorber tout le mal qui s’exprimait en ma proximité. J’ai tant voulu ne pas rentrer dans le jeu pervers dans lequel la réalité m’imposait une introduction si naturelle, qu’aujourd’hui je recrache toute cette haine gardée jusqu’alors brute en moi, je la vomis pour anéantir toutes les souffrances qu’elle m’apportait. A présent je suis si las de ce monde, si las de ce que gosse plein de rêves je croyais être son essence, une plénitude consommée sans fin, que je peux désormais atteindre un nouveau point de perception par lequel tout ce qui existe m’apparaît autrement, sous un angle de vue étonnamment vierge de toute opacité. Ma maturité ne peut finalement être que ça : la prise de conscience que tout ce chaos n’est pas une perturbation du monde, mais qu’il est au fond sa substance même. Toute cette lumière qui perfectionnait mes désirs n’était qu’aveuglement, les derniers feux d’un univers en surchauffe. Je brûlais, je brûle dans mon aveuglement.

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